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Assemblées d'automne Eugene Oregon
10-02-2018 8:00 am
Catégorie:  Assemblées

Fentes et craques après finition dans les panneaux de contreplaqué.

 

par :

 

Pierre Walsh Lebel

Directeur, Ingénirie, R&D

Perfecta Plywood


 

 

Qui de nos membres n’a pas été un jour confronté à un problème de réclamation de panneaux pour causes de « fendillement » ou de « craquage » de surface. Bien que ce problème soit connu dans l’industrie, il se présente davantage chez deux essences; l’érable et le merisier reconnus pour être instables après les applications de finition. Tout cela peut facilement s’expliquer par deux phénomènes; l’un pertinent aux essences elles-mêmes, l’autre lié aux produits et aux procédés utilisés lors de la finition.

 

L’érable et le merisier sont deux essences caractérisées par un PSF[1] élevé ce qui leur confère une capacité à absorber une quantité substantielle d’eau dans leur « paroi   cellulaire ». Il faut préciser que l’on ne parle pas « d’eau libre », plus facile à évaporer. Comme les parois des cellules qui forment le bois sont des endroits ou l’évaporation crée le plus souvent des déformations, l’eau absorbée par ces essences induira nécessairement des tensions lorsque cette évaporation est forcée.

 

Cette sensibilité de l’érable et du merisier les rend très vulnérables lorsqu’il y a une absorption d’eau, d’une part lors du pressage, mais également et surtout lorsqu’il y a une application de produits de finition comme les teintures à l’eau (solutions d’aniline) et les apprêts au latex qui font tous gonfler le bois. L’absence d’un séchage adéquat entre les applications rend l’érable et le merisier encore plus à risque.

 

Tout d’abord, il faut simplement se faire une idée de ce qui se passe lors du procédé de collage d’un contreplaqué avec des produits à risque. Prenons par exemple deux placages d’érable laminés sur un panneau de particules. Les placages de face et de dos verront leur teneur en humidité passer de 10% à 30% et même plus lors du processus de laminage à chaud. Bien qu’une fois laminés les placages vont tendre naturellement à équilibrer leur teneur en humidité avec l’air ambiant, il n’y aura aucun transfert d’humidité vers le panneau puisque celui-ci est enduit d’une couche de paraffine qui maintient sa cohésion de surface. L’eau contenue dans l’adhésif sera donc absorbée par le placage qui à son tour aura tendance à l’absorber.

 

En supposant que le panneau est utilisé dans de courts délais, vient ensuite une application de teinture à base d’eau et subséquemment un latex à base d’eau très prisés par ceux qui se préoccupent de l’environnement. S’il n’y a pas une période suffisante consacrée à l’évaporation, l’ajout trop rapide d’une laque ou d’un vernis aura tendance à sceller l’humidité déjà contenue dans le placage et créer ainsi des tensions internes à l’origine des problèmes de craquements. Comme l’érable et le merisier sont reconnus pour avoir des PSF plus élevés que les autres bois, leur capacité de stockage d’eau dans les parois de leurs cellules de bois augmente d’autant plus le risque que cette eau finisse par créer des déformations en cheminant dans le placage.

 

Vient ensuite l’application parfois trop rapide de laques et de vernis. Ce qui se produit par la suite s’explique alors facilement. L’eau absorbé par le placage est alors coincé entre la ligne de colle et la surface de la laque ou du vernis. Comme le bois a accumulé beaucoup d’eau dans ses membranes, le séchage parfois forcé des chambres de cuisson des usines de meubles augmentera la pression de vapeur dans le placage où l’eau aura tendance à migrer vers l'extérieur. On voit alors apparaître des craques et des fendillements en surface. Là encore, le bois tend à maintenir la caractéristique qui lui est propre; l’équilibre hygroscopique ou sa tendance à équilibrer son humidité avec son milieu. Mais où sont les solutions et comment prévenir le phénomène? Doit-on bannir les produits à base d’eau et privilégier les composés à base de toluène, de xylène ou d’uréthane?

 

Il faut comprendre que les produits à base d’eau, que l’on parle de peinture automobile ou de teintures à bois, ces produits « verts » sont là pour rester. Le fait demeure toutefois; un mauvais conditionnement entre les applications de produits et un séchage forcé ou trop rapide du vernis de finition accentuera les risques de fendillement. Mais pourquoi parle-t-on de « risques » et non pas de « certitudes » dans les cas de l’érable et du merisier? Simplement parce qu’il n’y a pas une pièce de bois identique et que le fendillement dépend également d’autres facteurs tels que la densité du bois et sa porosité.

 

 

 




[1] PSF: Point de saturation des fibres. Il s’exprime sous forme de teneur en humidité correspondant au stade ou le contenu en eau des « parois » des vaisseaux du bois sont saturés. Plus le PSF est élevé, plus les parois des fibres du bois peuvent contenir de l’eau et donc, plus elles sont susceptibles de se déformer.

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